Les profs et les élèves peu satisfaits des programmes d’immersion Française

Actuellement, dans les programmes d’immersion française, les professeur.es parlent uniquement en français aux étudiant.es et les encouragent à communiquer en français entre eux, dans le but d’être à l’aise avec cette langue à la fin du lycée. Cependant, aucun système n’est parfait. Selon L_Express, dans les années récentes, de nombreux étudiant.es ont abandonné le programme d’immersion en cours de route. Le manque d’applications concrètes empêche les étudiants de s’investir vraiment dans la langue et les cultures francophones. De leur côté, les enseignant.es sont peu motivé.es.

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LES ÉTUDIANT.ES  POUR LE CHANGEMENT

Une enquête de L_Express montre que les étudiant.es dans le programme d’immersion perdent progressivement leur intérêt dans l’apprentissage de la langue française. 

Lara Petic, une étudiante en 11e année d’immersion à la Collégiale de Kitchener-Waterloo, nous explique que le programme a certainement ses défauts. En général, les étudiants sont moins motivé.es par leurs cours de français que par leurs autres cours comme les sciences ou les mathématiques.

“Chaque année, nous apprenons la même chose, les règles de grammaire, et le niveau de difficulté ne fonctionne pas pour tout le monde. Le deuxième problème c’est que le programme ne t’apprend pas nécessairement des connaissances qui sont applicables dans le monde réel.”

Abbey Seehaver, une future professeure qui est passée par le programme d’immersion à Waterloo, estime que les élèves devraient commencer l’Immersion dès la première année. 

Quand je regarde maintenant, comme futur professeur de français – je peux voir comment il peut être difficile d’apprendre une langue dans ces conditions.”

Une étude de l’institut de Technologie du Massachusetts confirme qu’il est difficile de parler couramment une deuxième langue après l’âge de dix ans. Cela montre pourquoi il est important d’enseigner les langues aux étudiants le plus tôt possible.  

LES ENSEIGNANTS CROIENT AUSSI AU CHANGEMENT 

 Le site professionnel des Professeurs francophones de Colombie Britannique insiste également sur la nécessité de commencer dès que possible l’apprentissage d’une deuxième langue.

Au Canada, on trouve des écoles francophones qui commencent dès la maternelle, mais pas suffisamment. Si vous voulez envoyer vos enfants dans une maternelle francophone, il faut que vous soyez citoyen.ne du Canada et que le français soit la langue maternelle d’au moins un des deux parents. Cette condition apparaît dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Pierrette, une enseignante francophone à la retraite, souhaite que ces règles soient assouplies. Dans des régions comme l’Ontario du sud, c’est souvent difficile de trouver des occasions de pratiquer le français. 

Shelly, une autre enseignante francophone, a été éduquée dans le système francophone au primaire et au secondaire. Elle a vécu dans une ville francophone, donc c’était “facile de le pratiquer et de le garder.”

Mais actuellement, elle n’est pas satisfaite du fonctionnement du programme d’immersion. Les étudiants ne viennent pas d’un milieu francophone, alors, “c’est plus difficile de s’immerger si on fait seulement une demi-journée en français. Il y a une influence anglophone dans tout ce qu’ils font […] C’est tout en anglais, donc c’est très difficile de vraiment apprécier la langue. Ça devient quelque chose qu’on fait uniquement à l’école.”

UN SYSTÈME À AMÉLIORER

Quand on parle aux étudiants, on s’aperçoit qu’ils ne manquent pas d’idées pour améliorer le système.

Lara, une étudiante d’immersion, souhaiterait que le programme mette davantage les étudiants en situation réelle. Donc, moins de théorie et plus de pratique :

“S’il y a moins d’attention sur la grammaire et plus sur les habiletés de conversation, le dialogue… les étudiants seraient plus préparés pour des situations réelles par la suite…”

Selon Abbey Seehaver, qui est maintenant une étudiante dans un programme d’éducation, le curriculum devrait inclure plus de compétences adaptées au monde du travail.

“J’apprends aux étudiants comment écrire un courriel. Ce que j’aime, c’est que j’enseigne des compétences qui sont utilisables… Les étudiants peuvent comprendre ce qu’ils apprennent et pourquoi c’est utile.”

Le programme d’immersion française a des qualités – et c’est mieux que rien – cependant, si on veut que les étudiant.es aient une expérience plus satisfaisante, il faudrait d’abord transmettre l’importance de la langue et des cultures francophones. Ensuite, il faudrait privilégier l’expérience pratique et les activités extra-scolaires. Apprendre une autre langue, c’est ouvrir une porte sur le monde.

STUDENTS AND TEACHERS ARE NOT SATISFIED WITH THE FRENCH IMMERSION PROGRAM

Teachers in Ontario French immersion programs encourage a French-only policy in the classroom with the aim of allowing students to attain fluency by the end of high school. However, no system is perfect. According to the L_Express, more and more students have quit the French immersion program in recent years. This is likely due to a lack of real-life French exposure that prevents students from being fully immersed in the language and francophone culture. Consequently, both students and teachers have become disinterested and unmotivated.

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STUDENTS WANT A CHANGE

L_Express reports that immersion students progressively lose interest in learning French over time.

Lara Petic, an 11th grade student in the French immersion program at Kitchener-Waterloo Collegiate, explains that the program certainly has its faults. She finds that, generally, students are not as motivated to learn during their French classes in comparison to other subjects, such as science or math.

Each year, we learn the same thing, grammar, and the difficulty level doesn’t work for everyone. The second problem is that the program doesn’t teach things that are applicable in the real-world and focuses too much on academic language.”

Abby Seehaver, a future teacher that has already completed the French immersion program in Waterloo, believes that students should start the French immersion program as early as possible.

“When I look at schools now, as a future French teacher, I can see how it could be hard to learn [French.]”

A language acquisition study by The Massachusetts Institution of Technology found that it is difficult to obtain complete fluency of a language after the age of ten years old. With this evidence in hand, it is obvious why Seehaver is pushing for students to learn French as soon as possible. 

TEACHERS BELIEVE IT’S TIME TO CHANGE

The Federation of British Columbian Francophone Parents, a resource on dual-language learning for children, encourages an early start to learning when it comes to a second language. 

In Canada, there are many schools that begin to teach French in kindergarten, but not enough. According to the Canadian Charter of Rights and Freedoms, if you would like to send your children to a French kindergarten, you must be a citizen of Canada and French must be the first language of at least one parent. If you do not meet these requirements, your children will not be allowed to attend.

Pierrette, a retired French teacher and francophone, wishes that these rules would become less strict. In places like Southern Ontario, it is often difficult to find spaces to practice French in real-life situations.

Shelly, another francophone French teacher, completed all of her education in the French system. She lived in a francophone city, therefore it was “easy to practise and retain it.”

However, currently, she finds that the immersion program isn’t as effective as it could be. Her students often do not come from areas with a large francophone population and so “it’s much more difficult to immerse yourself if we only spend a half day in French. There’s an anglophone influence in everything [the students] do. . . It’s all in English, so it’s very difficult to truly appreciate the language. It simply becomes something we only do at school.”

IMPROVING THE SYSTEM

Students can offer their own insight on this problem.

Lara, a French immersion student, suggests that the program would highly benefit if it was taught in a style that prepares students for employers and real situations.

“If there was less attention on grammar and more on conversation skills and dialogue. . . students would be far more prepared for situations they may encounter in the future.”

Seehaver, who is currently studying for her Bachelor of Education, would like to see the curriculum include more tools that students could use in their future careers. 

I teach students how to write emails. What I like is that I teach students skills that are applicable… Students can understand what they’re learning and why it’s beneficial.”

The French immersion program has its benefits – and it’s certainly better than nothing – however, if we want students to have a more satisfying experience, we must inspire the importance of Francophone language and cultures. We should as well teach students practical French in a way that is pertinent and interesting and most importantly, that can be applied outside the academic-setting. The key to learn another language is to think outside the classroom.

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