Les cours à distance : un défi supplémentaire pour les cours de langue?

Comme beaucoup d’autres universités en Ontario, l’Université Wilfrid Laurier continue  d’offrir des cours à distance depuis le 13 mars 2020, à cause de la pandémie.  

Sans doute, cette situation a affecté les étudiants. Mais comment les professeurs font-ils face à leurs nouvelles conditions de travail ? Dans le département de Langues et de Littératures, Dr. Jane Newland et lDr. Marc Olivier Reid répondent à nos questions sur leur expérience avec l’enseignement à distance. Cette année différente  des autres aura-t-elle des répercussions durables sur leur manière d’enseigner ? 

La plus grande différence cette année est la dépendance à la technologie. Les perspectives de Dr. Reid et de Dr. Newland diffèrent sur ce sujet.  

« J’aime bien travailler dans les salles actives par exemple, que nous avons à l’université et [Zoom] crée quand même un peu l’ambiance d’une salle active […] C’est pas aussi confortable, mais c’est quand même le fait d’être capable de partager son travail c’est très très agréable » constate Dr. Newland.  

Dans les Active Classrooms, il y a plusieurs écrans qui sont disponibles aux étudiants, et chacun peut travailler sur leur tâche respective ainsi que de les partager avec la classe entière. Cette fonction rend plus facile la collaboration dans la salle de classe plus facile. De plus, les tableaux blancs et les breakout rooms de Zoom facilitent également le travail de groupe.  

Dr. Newland a découvert une affection pour la fonction des breakout rooms sur Zoom. Elle trouve que c’est une manière simple d’assigner les groupes, plus rapide que durant les cours en personne. Comme les breakouts rooms sont aléatoires, « on est obligé de travailler avec des personnes qu’on ne connaît pas forcément » dit-elle. Donc, Dr. Newland trouve que cela crée un environnement d’apprentissage agréable. Les étudiants sont capables de collaborer avec des partenaires variés, contrairement à la salle de cours où ils ont tendance à travailler toujours avec les mêmes personnes, avec qui ils se sentent à l’aise.  

Par contre, Dr. Reid a cité philosophe canadien Marshall McLuhan en disant que « the medium is the message » ce qui signifie que les professeurs sont forcés d’adapter leur pédagogie pour enseigner les cours sur Zoom. Cela est contraignant dans toutes les disciplines « puisque la communication est vraiment au cœur des apprentissages, c’est sûr que le médium que nous utilisons, Zoom, peut affecter négativement cet objectif ». 

Les cours de langues et de littérature sont principalement configurés autour de la capacité à communiquer pour apprendre.Dr. Newland et Dr. Reid estiment tous les deux que la communication est plus difficile quand le professeur ne peut ni voir les visages de ses interlocuteurs, ni même être certain de leur présence réelle derrière l’écran. Selon Dr. Reid, quand il sera possible de retourner dans la salle de classe, il utilisera très peu de technologie. D’après lui, le cœur de l’apprentissage dans les cours de langue ce sont « des discussions en personne, le partage, la création de savoir en personne ». 

Étant donné que la plupart des étudiants apprennent à distance, l’interaction face à face est quasiment inexistante sur zoom. Toutefois, le Dr. Reid observe qu’en enseignant à distance, il se sent paradoxalement plus proche des étudiants. Le fait de découvrir ses étudiants dans leur propre espace, que ce soit dans la cuisine ou le salon, lui « permet de voir clairement que les étudiants ont une vie, au-delà du fait d’être étudiant dans la salle de classe ». 

Travailler et étudier dans des espaces privés semble avoir produit une familiarité entre les professeurs et les étudiants qui leur permet de se souvenir qu’on est humain avant d’être professeur ou étudiant. Selon le Dr. Reid, il sera utile de garder cette mentalité par la suite. 

Malgré les difficultés qu’ils rencontrent, les professeurs de langue s et de littérature nous ont appris qu’il y a des leçons à tirer de cette nouvelle façon d’enseigner.

Remote Learning: An added challenge for Language professors? 

Like many other universities across Ontario, Wilfrid Laurier University continues to offer their courses remotely ever since the pandemic forced them to close their campus on March 13, 2020.  

Undoubtedly, this situation has affected students, but how are professors handling the transition to remote teaching? Dr. Jane Newland and Dr. Marc Olivier Reid from the department of Languages and Literatures at Wilfrid Laurier University, answered our questions about their experiences teaching their courses virtually. Have they learned any valuable lessons regarding their pedagogical approach during this unprecedented year?   

Surely, the biggest difference this year is the increased dependence on technology. On this subject, Dr. Newland and Dr. Reid have differing perspectives.  

“I really like teaching in active learning classrooms that we have in the university and [Zoom] kind of creates the atmosphere of an active learning classroom. It’s not as comfortable, but nonetheless being able to share your work is very, very agreeable,”  Dr. Newland said.  

Active learning classrooms have features that encourage student collaboration, such as multiple screens placed throughout the classroom to facilitate group work, which also allow students to easily share their work with the entire class. This is similar to the breakout room and screen sharing annotation features on Zoom. 

Dr. Newland discovered quite an appreciation for the Breakout Room feature on Zoom. She finds that this is a quick and easy way to assign groups in class compared to in-person courses. Since breakout rooms are randomized, students are required to work with students they might not know well. So, Dr. Newland finds that this creates an agreeable learning environment as students are able to work with new and varied classmates; unlike in the classroom where students have a tendency to work with the same group of students who they are comfortable with.  

On the other hand, Dr. Reid cited Canadian philosopher Marshall McLuhan by saying that “the medium is the message,” which means that professors are forced to adapt their pedagogy to run their courses on Zoom. This can be restricting in every discipline “since communication is truly the heart of education, and it’s certain that the medium we use, Zoom, can negatively affect this.”  

Languages and literature courses are primarily based around communication to facilitate learning. Dr. Newland and Dr. Reid both spoke to how difficult it can be to communicate in a remote setting being that we are unable to observe each other’s reactions and body language. Dr. Reid said that when he will be able to return to in-person teaching, he will be using as little technology as possible. According to him, the heart of a languages and literature education is “in-person discussions, sharing knowledge and creating knowledge in person.” 

Given that the majority of students are learning remotely, face to face interaction is nearly non-existent on Zoom. Nonetheless, Dr. Reid has found that he has become paradoxically close to his students while teaching virtually. He has found that seeing students in their own space, be it their kitchens, living rooms, or what have you, has  “allowed [him] to clearly see that students have lives outside of being students in a classroom.” 

Working and studying in private spaces seems to have granted some students and professors a newfound sensibility for each other, reminding us that we are humans before our academic responsibilities. This mentality is what Dr. Reid hopes to keep with him when we return to on-campus instruction. 

Despite obvious difficulties due to the transformed pedagogical conditions, Language and Literature professors taught us that one can learn from the difficult times we are experiencing.

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